« Lorsque chaque chose est pleinement vécue jusqu’au bout, il n’y a pas de mort ni de regrets, pas plus qu’il n’y a de faux printemps ; chaque moment vécu fait s’ouvrir un horizon plus vaste et plus large, dont la seule issue est la vie. »  Henri Miller

 

Il existe diverses manières de s’approcher de la question de la réalisation de soi, notamment une approche que nous pourrions qualifier d’occidentale, sur fond d’études psychologiques, et une approche plus orientale, nous menant à un regard et une posture différente. De nos jours, ces deux approches peuvent se nourrir mutuellement.

Qu’est-ce que cela veut-il bien dire, se réaliser pleinement ?

« Pleinement » mène au-delà des limites, des catégories. C’est se réaliser au-delà du travail, de la qualité relationnelle, des envies de tous les jours. C’est une réalisation non compartimentée. Un tout, qui va au-delà des rôles et statuts que nous avons dans notre vie, changeants et éphémères. On touche ici à l’impermanent, qui peut toutefois s’exprimer à travers les rôles sociaux qui sont les nôtres. L’approche humaniste de la psychologie avait, notamment au travers de Maslow (déjà dans les années 40) et Rogers (dans les années 50-60), mis l’accent sur ce que l’on nomme la « self-actualization » c’est-à-dire « l’actualisation de soi » ou, plus communément, en français, la réalisation de soi. Dans sa pyramide des besoins, Maslow estime que la réalisation de soi est le besoin le plus développé que nous ayons, et surtout, il considère, tout comme Rogers d’ailleurs, qu’il s’agit d’un besoin inné de l’être humain, ce vers quoi il tend toute sa vie.

  1. Besoins physiologiques, ou besoins vitaux : boire, manger, dormir.
  2. Besoins de sécurité : avoir un toit, un travail, etc.
  3. Besoin d’appartenance : appartenir à une famille, à un réseau social, à un groupe. Comprend aussi le besoin affectif.
  4. Besoin d’estime ou besoin de reconnaissance : besoin de la confiance et du respect des autres, d’exister à leurs yeux, mais aussi l’estime de soi.
  5. Besoin de réalisation ou besoin d’accomplissement de soi.

L’actualisation de soi inclut non seulement les besoins personnels, mais aussi ce qui affecte le bien-être d’autrui. Il est intéressant de souligner, parce que ce n’est que très rarement mis en lumière, que Maslow n’a pas eu une approche purement psychologique, puisqu’il évoque les « expériences paroxystiques » qui mènent à la plénitude de l’esprit et à cet accomplissement de soi. Ces expériences sont décrites comme le summum, le paroxysme, de ce que l’être humain peut éprouver en terme de ressenti positif.

Les personnes qui se réalisent sont celles qui ont développé ou sont en développement de leur pleine stature. La pyramide des besoins, comme l’appellent certains (Maslow n’ayant toutefois jamais parlé de pyramide), a surtout été reprise en psychologie du travail et s’est retrouvée, comme bon nombre de théories en psychologie, un peu « désincarnée » avec le temps. Bien sûr, quelques points sont critiquables, comme dans toute théorie. Cependant, il nous paraît intéressant de garder les points positifs de cette théorie et de la démarche de Maslow. Ce dernier s’est intéressé à ce qui motive les gens qui réussissent. Pour ce faire, il a entrepris d’étudier des personnes vivant une vie que l’on pourrait qualifier d’ « exceptionnelle ». Son étude a ainsi porté sur Albert Einstein, William James, Eleanor Roosevelt, Abraham Lincoln, John Muir, Walt Whitman et d’autres gens créatifs, des artistes, des écrivains et des poètes. Il voulait savoir ce qui les rendait différents des « anonymes ». Pour Maslow, certaines personnes atteignent des « peak experiences » (que l’on pourrait traduire par des « pics d’expérience ») dans leur vie, lorsqu’ils sont en harmonie avec eux-mêmes et leur environnement, qui leur permettent de se diriger vers la réalisation de soi. Ainsi, les gens qui se réalisent ont de nombreux pics d’expérience durant une journée, tandis qu’ils sont moins fréquents chez les autres.

De plus, les travaux de Maslow ont montré que les personnes qui atteignent le niveau supérieur de réalisation d’elles-mêmes avaient des caractéristiques similaires. Il a notamment souligné le fait que ces personnes ont la capacité de voir la réalité telle qu’elle est (elles différencient les espoirs, les peurs, les angoisses et les théories de ce qui est réel). Ce sont des personnes en mesure d’accepter les faiblesses et les imperfections, en elles-mêmes et chez les autres. Elles considèrent que les faiblesses font partie de la nature humaine et du processus de croissance. Ces personnes sont naturellement spontanées et ouvertes à leurs sentiments. Elles permettent aux gens d’être eux-mêmes, restent calmes et ne sont pas perturbées par le comportement d’autrui. Elles évitent les prétextes et agissent avec tact dans des domaines qui pourraient blesser les sentiments des autres. Elles n’ont pas besoin d’autorisation pour rire et ont un sens de l’humour bien développé. Leur rire est spontané et elles sont prêtes à rire d’elles-mêmes. Elles abritent une certaine folie en elles-mêmes et ne prennent pas la vie trop au sérieux.

Ces personnes sont axées sur les solutions plutôt que sur les problèmes. Elles voient le monde en dehors plutôt qu’à partir d’elles-mêmes. Elles ont normalement une mission de vie ou une tâche à remplir. Leurs actions sont basées sur des questions profondes, de nature religieuse, philosophique, sociale ou éthique. Cela leur donne un but défini. Elles ne dépendent pas des autres pour leur sécurité et leur satisfaction. Leur sécurité vient de l’intérieur. Elles ont des moments de solitude et d’intimité qui leur donnent du temps pour méditer et réfléchir. Elles sont en grande partie autodidactes, et essaient de contrôler, autant que possible, leur propre destin. Elles ont un niveau d’humilité qui leur permet d’apprendre de quelqu’un qui a quelque chose de valable à leur enseigner. Elles ont la capacité de voir de la nouveauté dans les événements ordinaires : les fleurs, la nourriture, le temps, la nature, les relations, etc.

Ces personnes ont généralement des relations plus profondes et plus fortes. Bien que leurs amitiés soient plus intenses, elles sont moins nombreuses. Les amitiés sont construites sans distinction de classe, d’éducation et de convictions politiques, de couleur ou de race. Elles ont une idée claire de ce qui est bien et mal. En général, leurs principes sont fondés sur l’éthique et, bien qu’elles puissent être religieuses, elles ne sont jamais fondamentalistes.
Ces caractéristiques peuvent être une source d’inspiration pour le chemin que nous décidons d’emprunter. Peut-être possédez-vous déjà une ou plusieurs d’entre elles ? Nous pouvons essayer de nous éveiller à celles que nous ne possédons pas encore…

Une vision orientale de la réalisation de soi

La notion de réalisation de soi, dans les pays bouddhistes ou hindouistes, est reliée à ce que certains nomment l’ « éveil spirituel », qui désigne un état libéré de l’égo dans lequel la personne développe une conscience qui comprend l’interdépendance des événements : tout dans l’existence est relié. Dans ces philosophies (ou religions parfois), l’existence est donc perçue comme un chemin vers la réalisation de soi. On constatera que, chez Maslow, cette idée est également présente, même si présentée sous un angle différent. Une personne réalisée accumule les qualités nécessaires pour vivre une vie épanouie et en paix avec le monde autour d’elle.

Ces courants philosophiques prônent tous différentes formes de méditation et relatent des caractéristiques qui émergent chez les personnes pratiquantes et mènent sur le chemin de la réalisation de soi.
En voici quelques-unes :

  1. Besoin de se retrouver seul pour se ressourcer
    Comme si la barrière entre nous et les autres s’estompait. Peu à peu, la méditation, passer du temps dans la nature ou le simple fait de s’asseoir dans une silencieuse contemplation vont devenir indispensables pour nous permettre de nous ressourcer…
  2. Une perspective plus large de la vie
    Petit à petit, on obtient une vision d’ensemble et on apprécie l’équilibre du monde. On voit aussi comment le manque de conscience de certains peut créer de la confusion et de la souffrance. On ne considère plus un choix comme étant bon ou mauvais. On sait qu’il apportera son équilibre d’expériences, agréables comme désagréables.
  3. Plus de confiance dans son intuition
    On entrevoit des dynamiques de la vie, sans forcément les comprendre intellectuellement. Ceci est souvent appelé « conscience intuitive », et nous permet de comprendre à un niveau plus profond les mécanismes de la vie. Plus on fait confiance à notre intuition et plus elle devient forte. On décide autant avec son coeur qu’avec sa tête.
  4. On accepte son imperfection
    On prend conscience de sa propre imperfection et l’on devient plus bienveillant envers soi-même. On a envie d’évoluer et de progresser, non pas parce que l’on se compare aux autres ou par esprit de compétition. On aime s’améliorer, mais pas au détriment des autres.
  5. On ne résonne plus avec les médias de masse
    Notre sensibilité ne résonne plus avec les journaux télévisés ni les médias en général. Tout nous semble excessif, superficiel et pauvre en sens.
  6. On ne s’attache plus aux objets
    Nous n’avons plus besoin de ceci ou de cela pour nous sentir bien. Nous préférons nous alléger et nous évitons l’accumulation d’objets.
  7. On devient plus sensible aux autres
    On développe une plus grande sensibilité face aux incohérences de la personne en face de soi. On va deviner son malaise ou son mal-être, ressentir si cette personne cherche à nous impressionner, à nous manipuler ou simplement à se protéger. On se connait suffisamment bien pour reconnaître les mêmes fonctionnements chez l’autre. En se connaissant soi-même, on connait bien mieux les autres.
  8. On s’intéresse au corps et à la santé
    On développe un plus grand respect envers notre corps. On cherche à manger sainement et on s’intéresse aux méthodes naturelles qui améliorent la vitalité, telles que le yoga, les massages, le Qi gong, etc. On évite les traitements médicamenteux allopathiques lorsque c’est possible.
  9. On réalise la force des croyances
    On comprend que l’on ne peut attirer à soi que ce que l’on peut concevoir. On prend conscience de nos croyances limitantes et on apprend à les apprivoiser.
  10. On s’occupe facilement
    Si certaines situations nous ennuient, on sait généralement comment bien s’occuper et on y prend plaisir. On aime lire, apprendre, créer, et travailler sur nos projets.
  11. On vit avec de moins en moins de peur et d‘inquiétudes
    Malgré que l’on ait conscience des difficultés qui peuvent survenir dans la vie, on vit sans peur. On a confiance dans nos ressources et foi dans la bonté de la vie. On développe un sentiment d’appréciation au quotidien et on réalise l’incroyable expérience qu’est celle d’être un être humain.

Pourquoi est-ce compliqué ?

Si prendre, à un moment donné, le chemin de la réalisation de soi semble être un besoin inné et que, qui plus est, cela semble plutôt agréable, pourquoi la réalisation de soi ne s’effectue-t-elle pas facilement ?

Dans la multitude de facettes qui constituent l’être humain, il y a un point difficile à affronter : parvenir à sortir de sa zone de confort. Nous nous plaignons souvent du « train train quotidien », et pourtant, il nous rassure tellement ! Les mêmes séries télé, les mêmes menus préférés, les mêmes films, le même supermarché. Tout cela nous éloigne de ces territoires inexplorés où, comme de nombreux auteurs actuels le confirment, « la magie opère » ! Osons le changement, pour nous offrir un regard, une perspective et des expériences jusqu’alors inédits, pour élargir notre horizon, pour grandir. Nous en tirerons d’incroyables avantages, qui compenseront largement l’inconfort ressenti. Il suffit de commencer par de petites choses : emprunter un chemin différent pour aller au travail, découvrir une cuisine exotique, s’inscrire à un cours qui nous a toujours fait envie, etc.

Si vous vous sentez insatisfaits de votre vie, si vous ressentez un vide ou une perte de sens.. Essayez !
Essayez vraiment !

Parce que tout ce dont vous avez besoin se trouve en vous depuis toujours…

 

À propos de l’auteur

Le rêve de Christiane Bilat a toujours été de contribuer à aider l’individu, de participer à l’élévation de la conscience collective. Comme elle aime à le dire : le bonheur, tout le monde en parle, ce qui compte c’est qu’un maximum de personnes puisent le vivre.

Considérer chaque être dans sa valeur intrinsèque, le respecter et lui offrir des outils qui lui permettent de devenir la meilleure version de lui-même est pour elle à la fois une nécessité et un vibrant hommage à la vie. Sa mission est de guider et accompagner l’Etre humain, dans la joie et la bienveillance, vers l’éveil et l’alignement, pour parvenir au rayonnement de son infini potentiel.

Honesty est le projet de sa vie. La création a été rendu possible grâce à l’implication hors norme de son amie de cœur Laurence Schneider et de personnes merveilleuses comme experts d’Honesty qui croient à ce projet.

Christiane est experte en marketing, spécialisée en communication comportementale ; thérapeute en Kinésiologie, spécialisée dans la gestion des émotions et coach.

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